jeudi 9 avril 2009

samedi 4 avril 2009

Témoignage: Clément


Je travaille dans une association du quartier. Le Picoulet comme d’autres associations est important pour la « paix sociale » et pour le moral de beaucoup de gens. Ils ont besoin de lieux de vie, de solidarité et de convivialité. Sa disparition pourrait laisser un grand vide, et aggraver les tensions dans le quartier. Sans ce type de lieu, il ne reste que la rue pour se parler.
Il est important que les associations se mobilisent, s’organisent face aux diminution de subventions et au risque de disparition.

Témoignage: Violaine

A travers mon expérience de bénévole, j’ai pu constater à quel point il était nécessaire et utile aux personnes qui ne maîtrisent pas bien la langue française d’être soutenues dans toutes leurs démarches administratives et d’avoir un lieu bien identifié où elles savent qu’elles trouveront cette aide. Au-delà de cet aspect, les associations ont selon moi un rôle essentiel : accueillir, répondre aux besoins, et donner les moyens aux personnes de trouver leur place et leur autonomie. Les associations créent du lien social. Sans elles, les risques de repli sur soi ou sur une communauté, d’isolement et donc de tensions sociales sont importants.

Témoignage: Farou


Je viens au Picoulet depuis 2003. Je n’avais pas de papiers et le Picoulet m’a aidé à avoir des papiers, à avoir les bonnes démarches pour me faire soigner. Je ne sais pas ce que je deviendrais si le Picoulet fermait.

Témoignage: Michel

Si on arrêtait les assos il y aurait un vide énorme. A ma compréhension, toute une part des responsabilités de l’Etat sont assumées par les assos, et c’est bien comme ça parce qu’elles le font mieux : elles sont sur le terrain, connaissent les problèmes, expérimentent les solutions. On n’est pas des savants, mais les solutions on les trouve avec les gens. Par exemple dans ma pratique sociale, le doute est un outil ; si je suis sûr de ce que je dois faire, je ne laisse pas de place aux personnes pour trouver ce qu’on doit faire ensemble.

Témoignage: René


C’est pas possible que les assos ferment ! On courrait à la catastrophe, il faudrait faire autre chose qui coûterait sans doute bien plus.
Aux équipes St-Vincent, on fait le travail de la Poste ! On distribue le courrier chaque matin aux SDF inscrits chez nous, de 25 à 60 ans et même plus. Nous avons 650 domiciliés à l’antenne Oberkampf. En plus de la domiciliation administrative et d'une petite collation le matin, on organise un déjeuner chaque jeudi à midi.
Ce serait pour nous une catastrophe de tout arrêter. Concernant, la modification du statut de l’adulte relais : on dit « les associations doivent se professionnaliser ». Mais comment, sans de grands moyens financiers ? Si il n’y a pas un professionnel dans l’association, comme l’adulte relais, comme on travaille en lien avec les services sociaux de la Ville notamment, on n’y arriverait pas. Sans salarié, pas de bénévoles ! Avant on pouvait, mais maintenant les lois et administrations se modifient rapidement.
La formation des salariés, retransmise ensuite aux bénévoles, est importante.

Témoignage: Mohammed


J’ai fait beaucoup de choses ici : des dossiers, des courriers. Quand j’ai besoin de quelque chose, je viens là, je n’ai jamais de problèmes. Il y en a beaucoup qui ont besoin. J’ai fait beaucoup de choses ici, car je ne sais pas comment faire moi-même. Quand je reçois un courrier, je viens ici.

Ça fait plus d’un an que je viens au Picoulet, pas loin de deux ans.
Si ça fermait, je serais obligé de chercher ailleurs un bureau pour m’aider à remplir les dossiers.

Il y en a beaucoup comme moi. Je veux qu’on continue à soutenir les associations. Il faut.

Témoignage: André


Si tout s’arrêtait, il y a toute une partie de l’apprentissage de la pratique de l’ordinateur que les gens n’auraient plus alors que c’est eux qui en ont le plus besoin : recherche d’emploi, rédaction de CV, de lettres, recherche sur Internet, les E-mails pour communiquer... C’est essentiel : la fracture numérique existe déjà en France, qui plus est pour les personnes qui viennent au Picoulet. C’est la même chose pour les cours de français : l’Etat a fait la promotion de l’intégration en invoquant l’importance du français et d’un autre côté, il bloque les centres de formation. Si le Picoulet fermait, les gens en situation de précarité le seraient encore plus, ils n’auraient plus d’accès à la sociabilité.. Ce serait la chute …

Témoignage: Salhia


Je connais le Picoulet depuis vingt ans. J’ai pris des cours ici à mon arrivée car je ne parlais pas le français. Grâce au Picoulet, j’ai trouvé un logement; ils m’ont aidé à trouver un travail, ils ont aidé mes enfants pour le travail scolaire, pour les démarches administratives pour acquérir les papiers. Je serais perdu, paralysé si le Picoulet fermait. Les personnes sont gentilles avec tout le monde quelque soit leurs origines, leurs âges, leurs statuts professionnels.

Témoignage: Zohra


Je ne suis pas d’accord ! C’est un endroit nécessaire pour les personnes qui ne parlent pas français, ne savent pas lire et écrire. Je viens au picoulet pour qu’on m’aide. S’il vous plaît, ne fermez pas ! Restez ouvert ! Laissez les subventions aux centres sociaux. C’est important pour la lutte contre la solitude, il y a toujours quelqu’un pour nous, c’est comme une famille.

Témoignage: Abdelhafid


Je viens le soir prendre des cours de français. Si je ne pouvais plus suivre ces cours, je ne pourrais plus communiquer. Ah non, impossible de fermer !! Ce serait la catastrophe ! C’est un besoin de pouvoir avoir l’aide à la lecture de mes documents, l’aide à mes problèmes administratifs.

Témoignage: Philippe

En tant que RMIste, j’ai pu bénéficier des suivis institutionnels et les réponses n’étaient que papiers administratifs, culpabilisation : « Comment cela, vous n’arrivez pas à gérer votre budget avec 400 € par mois ? ». Transis de froid et de honte, seul l’instinct m’a guidé et de ce fait, les institutions m’ont en quelque sorte rejeté. Et puis, voilà… Foin des habiles babilleurs intellectuels, j’ai rencontré au sein de deux associations, sourire et bienveillance. Grâce à leurs compétences toutes humaines, j’ai réussi à retrouver des liens familiaux avec l’étranger (Argentine) et me tracer une nouvelle voie professionnelle en passant notamment sur Canal +. Aussi, ces associations ne sont pas importantes mais tout simplement vitales.

Témoignage: Nadia

On n’est pas d’accord, on ne veut pas que tout s’arrête. Il faut que ça continue pour que certaines personnes puissent être soutenues : accompagnement à la scolarité, apprentissage du français pour les adultes.. Si les centres sociaux ferment que vont devenir toutes ces personnes ? Ce n’est pas normal que l’Etat prenne ces mesures... Les gens qui ne savent pas lire vont s’isoler et avoir des problèmes au niveau de leur droits. Les gens qui ne parlent pas le français, ne peuvent plus communiquer pour chercher un travail, pour vivre tout simplement dans la société. Si tout s’arrêtait, Le Picoulet me manquerait : il y a le contact humain, on apprend, il y a de l’échange…

Témoignage: Rai Anato

Pour moi il faut continuer. C’est pas bien pour beaucoup de monde si on ferme. De puis 2003 je viens : remplir les papiers , lire mon courrier, cours de français. Beacoup me manquerait si on fermait. Et puis c’est tout près, c’est bien pour moi.

C’est bien, continuez! Pas pour moi toute seul, mais pour beaucoup de monde.

Témoignage: Fatima

Si le Picoulet ferme, plus personne ne va vous aider. On ne sait pas assez écrire et lire. Ça ne serait pas bien. On est content de venir pour les papiers administratifs, beaucoup de choses, tout ! Tout seuls on ne peut pas.

Ça fait des années que je connais le Picoulet. Je ne suis pas d’accord pour la fermeture ! S’il vous plait , continuer de donner de l’argent. On ne sait pas remplir nos papiers, l’association nous aide.

Témoignage: Bernadette


Une asso, c’est important pour les personnes qui participent. Quand on permet à des personnes de se mettre ensemble pour élaborer et réaliser des projets, c’est une force. Pour les associations solidaires, c’est une ouverture vers différents publics. Cela permet aux personnes en difficulté de trouver leur place, en étant associées à ce qui se fait et valorisées. La vie associative est une chance pour un quartier, pour une ville et différents groupes.

Témoignage: Kim


Pourquoi l’Etat a de l’argent pour les banques et pas pour votre association ? J’ai fait mon CV avec quelqu’un ici. On a besoin de vous ! Sans vous on est cuits ! Je vous remercie infiniment de ce que vous êtes.
Je suis en train de subir la crise, par harcèlement moral.
Je veux soutenir votre assocation, pour que vous restiez ici pour aider les gens. Ce n’est pas moi qui peux vous donner de l’argent. Il faut que l’Etat finance.

Témoignage: Ouchrik


C’est pas bien de fermer ! Non, s’il vous plaît ! Il ya beaucoup de choses qu’on peut faire ici. Avant je ne parlais pas, je n’écrivais pas, maintenant oui, un petit peu. Ça fait du bien de venir ici.

Témoignage: Dado


On aime Picoulet parce que ça nous intéresse. On vient ci, et ils résolvent notre problème : lettre, courrier, etc. On n’aimerait pas que ça ferme, ça nous ferait mal au cœur.


Il y a des cours. Tout ce qu’on veut, on le trouve ici : pour chercher le logement, les papiers, on passe par ici.


Ne pas fermer ! Notre but c’est de laisser le Picoulet ouvert.

Témoignage: Mohand

Au Picoulet, les gens sont très gentils et font du bien pour tout le monde. Je connais tous les écrivains publics.

Fermer ? Ce ne serait pas notre intérêt, ni celui de personne, si on ferme un endroit qui aide les personnes pauvres et en difficulté. Ça fait deux ans que je viens ici.

Pourquoi fermer des endroits qui aident tout le monde ? C’est pas très loin de chez moi. Je suis harcelé par des bêtes féroces… ici au Picoulet je trouve de l’aide.

Pourquoi ne pas partager l’argent avec ceux qui en ont besoin, plutôt que le donner aux miliardaires?